Au conseil départemental de l’Aisne, Brigitte Fournié-Turquin (EELV) défend la transition écologique et sociale

Intervention de Brigitte Fournié-Turquin, conseillère départementale EELV de l’Aisne, à propos du Rapport annuel de la collectivité en matière de Développement durable

(conseil départemental du 02 février 2019)

La politique des petits pas est nécessaire. Elle ne suffit plus. Les scientifiques du GIEC lancent un appel vibrant aux décideurs, aux politiques. Ce sont les grands projets qu’il faut mettre en conformité avec les objectifs de réductions es gaz à effet de serre :

– réduire les émissions de GES de 45% d’ici 2030

– réaliser la neutralité carbone en 2050

En France ce sont des petits pas … mais en arrière.

Pourtant les solutions existent. Mais depuis 2014, la consommation des énergies fossiles augmente à nouveau en France. Quelques chiffres parlants :

En 2014 :  99 millions de tonnes équivalents pétrole

En 2017 :  106 millions de tonnes équivalents pétrole

Rien que pour les voitures particulières, c’est une hausse de 4,7% en un an. On est face à un gouffre et on accélère !

La dernière évaluation officielle de la Stratégie Bas Carbone, créée par la loi, montre qu’en 2016 on dépasse le plafond annuel des émissions de GES de 3,6% tous secteurs compris.

En 2016 : + 6% dans le transport

+ 11 % dans le bâtiment

+ 3% dans l’agriculture

D’après les premières évaluations, en 2017, la situation a encore empiré, malgré tous les discours !

Voyez Nicolas HULOT, Matthieu ORPHELIN qui claquent des portes.

Alors nous dans l’Aisne ?

Notre collectivité a gardé l’agriculture en compétence autorisée par la loi NOTRe. La Région et le département promeuvent l’approvisionnement local de l’alimentation dans la restauration collective.

Le respect des terres, des ressources en eau et les consommateurs poussent vers plus en plus de bio. Bio et local, c’est l’idéal.

Les chiffres ne sont pas bons pour nous :

6,6 % de la surface agricole nationale est en bio

Seulement 1,53% pour les Hauts de France, et 1,03% pour l’Aisne !

Notre retard est considérable en la matière.

Le Plan Régional de février 2018 préconise une aide à la conversion en bio, mais pas au maintien. Ce même maintien qui a été supprimé par le gouvernement. Il préconise l’objectif de 10% en bio dans les lycées, mais la loi en demande 20%.

Il faut accélérer sur ce domaine agricole pour notre territoire, en terme d’emplois, d’environnement et d’attractivité.

Dans l’Aisne encore

Quand on veut justifier un projet , on dit : « Oui, je pollue, mais moins que mon voisin, moins que l’entreprise d’à côté, moins que, moins que… »

Au total, tous les rejets s’additionnent

En CoDERST, c’est l’argument que nous avons lu et entendu pour le CRSD Laon-Couvron d’autodrome Palmer.

Ce circuit émettra 36,64 tonnes équivalents CO2 par jour. Mais c’est :

– moins que  les 53 téqCO2 des émissions journalières des quatre communes concernées

– moins que  les 262 téqCO2 de l’A26 entre Laon et Saint-Quentin.

Dans les faits, cela s’additionne. Je redis devant l’assemblée du Conseil Départemental qu’il est désolant de voir un si grand aménagement consacré à un tel projet. C’est complètement contradictoire avec l’impérieuse obligation de diminuer les émissions de GES. On en reparlera dans les années futures.

J’entends dire : bientôt nous roulerons avec des voitures électriques. Sur cet autodrome de Loisirs, si quelques automobiles de course pourront, à l’avenir rouler à l’électricité, ce ne sera pas le cas des 10.000 visiteurs attendus 3 jours durant, 6 fois par an, ni pour les 40 jours de dérogations de dérogations prévues pour rentabiliser l’activité de ce circuit.

En 2009, dans la communauté de communes du pays de Laon, j’avais déjà voté contre ce projet pour des raisons sociales et environnementales. Je mettais en garde les élus sur le fait d’utiliser des énergies fossiles pour des activités de loisirs onéreuses, alors que les axonais avaient déjà du mal à payer leur carburant pour aller travailler. Finalement, c’est ce qui a mis le feu aux poudres dans les protestations des « gilets jaunes » dans notre territoire rural et pauvre.

Et puis les voitures électriques nécessitent une production d’électricité en conséquence. Le président le notre Région demande la construction d’un EPR, réacteur nucléaire de 3ème génération à Gravelines, dans la zone TRI de Dunkerque (Territoire à Risque Important d’Inondation par submersion marine) !

Il faut donc impérativement aller vers plus de sobriété par deux leviers.

-les économies d’énergie, la rénovation thermique, la transformation de l’agriculture, la mobilité plus propre

-les énergies renouvelables (biomasse, solaire, éolien géothermie, hydraulique, méthanisation).

« N’oublions jamais que la cause écologique est la pierre angulaire de la dignité humaine et de la justice sociale » Nicolas Hulot.

 

Brigitte Fournié-Turquin

 

 

 

 

Cette intervention a également donné lieu à un compte rendu dans le journal L’Union du 15 février :

http://abonne.lunion.fr/id41582/article/2019-02-17/couvron-le-circuit-palmer-va-emettre-37-tonnes-demissions-polluantes-par-jour

Remonter