Communiqué d’EELV Picardie en réaction à l’évènement organisé par l’UIPP à St Quentin

Le 5 décembre 2019

Alors qu’à Saint-Quentin, l’Union des Industriels de Protection des Plantes…(UIPP) veille sur la « qualité » de notre alimentation à la sauce greenwashing, intitulant l’événement : « Grand Débat National Siècle Vert », sur plusieurs jours du 5 au 7 décembre 2019, il est de salubrité publique d’en regarder de plus près les ingrédients !

Il s’agit de s’interroger sur les « Pesticides… vraiment utiles ? » avec des débats aux quatre coins de l’hexagone. Mais, que découvre-t-on sur les organisateurs de ce débat ?

Cette UIPP, au doux nom de protection des plantes, comporte en son sein les principaux professionnels du marché des produits phytopharmaceutiques à usage agricole … notamment BAYER-MONSANTO, SYNGENTA, BASF ! Et avec eux, tous les scandales connus : Monsanto Papers de désinformation pseudo scientifique, scandale des fichiers Monsanto interdits contre des journalistes et personnalités médiatiques politiques selon leur positionnement sur le glyphosate etc.

Il s’agit tout simplement de redorer l’image des pesticides dont les consommateurs français ne veulent plus car ils en connaissent désormais la dangerosité pour la flore, la faune mais aussi pour les êtres humains, les générations futures et notre bien commun. Trop de chambres d’hôpitaux de notre région sont peuplés de malades atteints de cancers ou autres maladies graves dues aux pesticides de synthèse qui sont eux-mêmes soignés avec des produits Bayer… suprême indécence !

Le lobby des pesticides, grâce à ses énormes moyens financiers se paie une tournée en France pour contrer la formidable réaction des citoyens qui constatent ce scandale sanitaire. C’est d’autant plus grave que de nombreux agriculteurs et agricultrices sont devenus otages de ces pratiques culturales dépendantes des pesticides et d’un investissement toujours plus destructeur de l’agriculture paysanne pourvoyeuse de notre alimentation. A quel prix ? Le prix de la santé de ces mêmes agriculteurs ? Le prix des suicides qui ponctuent la vie rurale depuis quelques temps ? Le prix de la méfiance et de l’incompréhension des urbains ?

La connexion avec notre terre nourricière, avec ses artisans qui, au prix d’un travail énorme, produisent notre alimentation, avec un système qui rémunère au juste prix ces denrées doit impérativement s’affranchir de cette industrie destructrice des poisons pesticides qui rendent tout le système agricole et alimentaire malade.

Alors NON aux mensonges proférés par cette communication qui est une duperie grave des citoyens.

Les associations de consommateurs, les médias au travers d’émission comme Envoyé Spécial sont mieux à même d’informer le public.

Une tribune signée par des paysans de France publiée fin novembre commence ainsi:

« Nous, agriculteurs, agricultrices, observons une atmosphère de crispation, d’incompréhension, entre une partie du monde agricole et le reste de la société, principalement focalisé sur l’utilisation des pesticides et sur l’élevage industriel.

Concernant les pesticides, leurs effets néfastes pour la santé humaine et l’environnement sont prouvés par de nombreuses publications scientifiques, tandis que le rejet de l’élevage industriel correspond à la dénonciation d’un système de maltraitance animale à grande échelle ….Ces pratiques portent atteinte à l’environnement ici et ailleurs

Les critiques de ces pratiques, légitimes, sont qualifiées d’« agribashing » par la FNSEA [Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles], formule reprise par le ministre de l’agriculture et le président de la République. Pourtant, la remise en cause du modèle agro-industriel dominant n’est pas de l’agribashing ! Il ne s’agit pas de dire que l’agriculture est mauvaise, maléfique, ou que les urbains n’aiment pas les agriculteurs ! Il s’agit de critiquer un modèle qui entraîne les agriculteurs et notre société dans le mur.

Ce modèle endette dangereusement les agriculteurs, continue de vider les campagnes de leurs paysans, pousse à un gigantisme empêchant les jeunes de reprendre les fermes des retraités, pollue les sols et les eaux, détruit la biodiversité, dégrade la santé des écosystèmes et des humains. Cette agriculture basée sur l’agrochimie, la spécialisation à outrance des territoires et la mondialisation, contribue au réchauffement climatique et est peu résiliente face aux événements extrêmes qui se multiplient. »

Une alternative crédible existe déjà : l’agroécologie paysanne, le plus souvent en bio, qui permet de vivre avec dignité et de transmettre les fermes, tout en fournissant, une alimentation saine à nos concitoyens en montrant  au quotidien que ce type d’agriculture peut redynamiser les territoires, en créant des emplois, du lien social, du paysage, de la biodiversité et de la résilience au changement climatique.

Il est urgent de changer de modèle agricole, de développer une politique alimentaire favorisant les productions locales et biologiques, et d’abandonner l’utilisation des pesticides et de l’élevage industriel.

BRIGITTE FOURNIé-TURQUIN, Porte-parole EELV Picardie

GIL METTAI, Secrétaire Régional EELV PICARDIE

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